12 septembre 2026
Brame du (des?) Cerf(s) dans le Justistal
Mission accomplie! Les portières à peine ouvertes on les entend déjà. Le ton plutôt aigu des brames en début de journée nous surprend, surtout après avoir discuté dans la voiture de leur petite manie durant le rut: ces messieurs s’aspergent de sperme et d’urine pour attirer les femelles. Je ne doute pas de leur succès. Mais j’aurais imaginé leurs cris plus virils. Ils s’abaisseront d’un octave néanmoins dans l’après-midi, bien que toujours étouffés par la forêt. Mission accomplie donc, mais équipés de nos lourdes jumelles et téléobjectifs retrouvés au fond des combles l’envie nous prend de grimper le versant opposé. Bien nous en prenne car le soleil n’atteint le fond de la vallée qu’au milieu de l’après-midi et après ces mois de canicule l’air frais nous pique un peu. Quelques virolets nous laissent tout loisir de scruter les environs dans nos binoculaires. Mais les rochers restent des rochers et les troncs tortueux des troncs tortueux. Notre enthousiasme ne fait apparaître aucun roi de la forêts. Puis le chemin monte droit direct (prononcer bien les ‘r’ svp) et fini de nous réchauffer. C’est une magnifique journée mais certainement trop chaude pour les cervidés qui, malgré leurs appels réguliers, restent cachés. Alors à nous de nous cacher dans ce long tunnel que d’anciens gradés éclairés on bien voulu tracer sous le sommet du Sigristwiler Rothorn. Ils devaient bien s’imaginer que les randonneurs du futur les remercieraient pour ce raccourcis ombragé. Pour quelle autre raison auraient-ils pu creuser ce tuyau d’un km dans le rocher à 1800m d’altitude ? Pour rivaliser de virilité avec les cerfs ? Bref, en arrivant sur la crête ça sent surtout fort le mouton, pour ne pas dire le bouc. Et leurs crottes chocolatées tapissent le paysage de petits fondants moelleux. Tout guillerets d’être sur les hauteurs nous rajoutons 100m pour croquer le Mittaghorn. La vue est infinie depuis cette première crête, survolant tout le canton jusqu’au Jura perdu dans la brume. De l’autre côté ce sont les neiges encore éternelles qui émergent derrière l’arrête du Niderhorn. Les magestueuses bernoises se dressent fièrement avec quelques parapentes au premier plan. Nous choisissons de croquer notre mittagpicknick en contrebas du Mittaghorn, le Gibfel étant à peine plus exposé au vent. C’est donc le soleil qui nous croque, bien que la brise nous apporte néanmoins le brame du cerf – ou son écho – en dessert. Ragaillardis nous digérons sur les hauteurs avant d’attaquer la descente sur la magnifique vallée protégée. À la buvette d’alpage, les boissons nous attendent au frais dans une fontaine-vache. Son doux glouglou rivalisant avec les cloches des vraies bovines regroupées à côté.
On traîne tout ce qu’on peut mais il n’est pas assez tard pour que les rois des forêts sortent des bois, leurs propres bois dressés au vent. Un groupe de chamois se laissent observer cependant. Et nous passons tout heureux sous l’écho de deux cerfs se répondent de part et d’autre des versants.
Un grand merci pour l’organisation de cette magnifique excursion et la chouette ambiance tout au long de la journée.
Florianne
