21-22 mars 2026

L’escapade au Grand Saint-Bernard 

Réveil samedi à 5h45, ce moment où le réveil sonne et où l’on se demande sérieusement pourquoi on n’a pas choisi le tricot comme hobby. 

Trois heures de route plus tard, nous arrivons à l’hôtel du Crêt, accueilli comme si je faisais parti du club depuis cinq ans déjà. Les sourires sont chaleureux, les blagues fusent, et très vite on comprend qu’on est tombés dans une belle bande de passionnés. 

Au programme, une belle journée avec 1400 mètres de dénivelé positif : de quoi réveiller définitivement les cuisses et calmer les excès de la veille… 

Dès les premières montées, les jambes chauffent, la respiration s’accélère et nous voilà déjà à notre première pause, l’occasion de prétendre admirer le paysage alors qu’en réalité tout le monde vérifie surtout si son cardio est toujours dans la zone « raisonnable » ^^. 

Le midi se prend en version express, debout, un sandwich dans une main, les bâtons dans l’autre, comme si s’asseoir risquait de nous empêcher de repartir. Petit à petit, le corps commence à sentir l’altitude : l’air se fait plus rare, les blagues un peu moins fréquentes, mais le sourire demeure.

Le sommet du Beaufort est finalement atteint, bien mérité. On sort les thermos comme un trésor enfoui : le thé chaud coule , et soudain, tout le monde retrouve le moral et l’usage complet de ses jambes . Vient ensuite le moment de retirer les peaux… quand une fixation décide de nous rappeler qu’en montagne, rien n’est jamais totalement acquis. Heureusement, le télémark n’a aucun secret pour Daniel, qui transforme l’incident en démonstration improvisée. La descente se fait sur du carton, en compagnie de nos amis les « sharks », ces plaques de neige traîtres qui adorent tester notre équilibre.

Entre deux sapins, nous apprenons les virages sautés en suivant les traces de Kathia, qui donne l’impression d’avoir fait ça avant de savoir marcher. Certains sautent avec style, d’autres avec courage, mais tout le monde progresse. 

Après l’effort vient enfin le réconfort : un menu trois services qui disparaît à une vitesse impressionnante, suivi d’une partie de billard où la précision des coups n’a clairement plus rien à voir avec celle des virages du matin. La journée se termine dans les rires, déjà avec un parfum de « à refaire ».

La nuit, nous sommes délicatement bercés par la douce respiration de David, sorte de mélodie d’ambiance pas vraiment proposée sur les applications de méditation, mais redoutablement efficace pour rappeler qu’on est en dortoir de montagne. Malgré cela, le timing de lever est respecté, et un délicieux petit déjeuner nous remet d’aplomb. Dehors, le spectacle est nettement moins accueillant : brouillard, vent, neige… Mais il en faudrait plus pour nous empêcher de chausser les skis.

Le plan initial change, la météo ayant décidé de participer à l’organisation de la journée. Nous avançons désormais tête baissée en direction de l’hospice du Grand-Saint-Bernard, tels des pingouins motivés mais peu convaincus de la visibilité. Arrivés là-haut, la récompense prend la forme d’un délicieux thé, si bon qu’il devient presque difficile de se remettre en route. 

La descente qui suit se fait presque en aveugle, dans une ambiance ouatée où l’on devine plus qu’on ne voit. C’est là que nous perdons un genou… ou presque. Géraldine entend un « crack » qui n’a rien d’une note de musique. Ni d’une ni deux, genou scotché, elle prend son courage à deux mains et continue la descente avec une détermination qui force l’admiration. Transition express ensuite pour se réchauffer dans les voitures, chacun retrouvant progressivement la sensation de ses doigts et de ses orteils.

Pour terminer ce week-end en beauté, nous prenons un dernier verre du côté de Gruyères, parce qu’aucune aventure en montagne ne devrait se finir sans une touche de convivialité et, si possible, un gout de Rivella dans la bouche.

Je suis arrivé en inconnu et repars avec de chouettes souvenirs, des anecdotes à raconter et l’impression d’avoir rejoint une belle famille de montagne.

Bienvenue au CAS, section Pierre-Pertuis : ici, on vient pour les courses, on revient pour l’ambiance.

Jonas

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