1er février
Alpiglemäre-Ochse
En remplacement de Schattdorf et ses sommets-Uri
Nous aurions dû poser nos spatules en terre uranaise… mais l’enneigement capricieux de ce début de saison en a décidé autrement. Qu’à cela ne tienne : cap sur le Gantrisch, une valeur sûre !
C’est donc une joyeuse troupe de huit randonneurs – Céline, Géraldine, Dan, François, Nicolas, Hugo, David et Kathia – qui se retrouve bien décidée à « frotter la peluche » dans cette belle région. Après un indispensable arrêt café–nussgipfel à Plaffeien (préparation mentale et glucidique oblige), nous embarquons en direction du fameux contour du Hengst. Les chauffeurs rivalisent d’adresse pour se garer tant bien que mal à proximité du départ de l’Alpiglemäre. Une chose est sûre : nous ne serons pas seuls. Une section de panthère grise, visiblement, a eu la même idée que nous.
Le départ en douceur le long de la rivière permet d’échanger les derniers potins et de refaire le monde avant d’attaquer les choses plus sérieuses en direction du col de la Grenchegalm. Là, les chemins se séparent : à droite le Widdersgrind, à gauche l’Alpiglemäre. Notre choix est fait.
La dernière portion vers l’Alpiglemäre ressemble à une partie de saute-mouton géante entre gazons et plaques de neige survivantes. On alterne conversions et pas prudents, mais les derniers mètres sont rapidement avalés.
Au sommet, nous reluquons déjà la bosse suivante. Sous l’Ochse, la pente paraît… disons… généreusement herbeuse. Mais optimisme oblige : quelque part, une belle pente enneigée nous attend forcément.
Après une pause pique-nique bien méritée à l’abri du vent, nous nous lançons dans la pente nord-ouest de l’Alpiglemäre. Les virages s’enchaînent, la neige est joueuse, les sourires s’élargissent… jusqu’à ce que David se retrouve à pied, scrutant la pente d’un air inquiet. Un requin sournois a frappé : déchaussage inopiné, et ses skis flambant neufs ont décidé de poursuivre la descente sans lui.
Branle-bas de combat général. Tandis que David envisage déjà un retour en mode « brassage intensif », deux randonneurs nous crient avoir vu filer les fuyards en direction du ravin. Le suspense est à son comble… avant qu’un éclat fluo ne trahisse leur position : arrêtés in extremis par trois vaillants sapins en sentinelle au bord du gouffre. Pour une fois, la chance était du bon côté. Les skis sont récupérés, l’honneur est sauf.
Remis de nos émotions, nous repeautons pour rejoindre la trace menant à l’Ochse. Les muscles grincent un peu au redémarrage, mais la montée se fait tranquillement. À l’approche du sommet, le manque de neige refroidit les ardeurs : une grande partie du groupe s’arrête au col de l’Alpiglegalm, juste sous le sommet.
Seuls Dan et Nicolas, motivés jusqu’au bout des spatules, poursuivent leur effort avant de déchausser pour rejoindre le sommet à pied. Pendant ce temps, les « petits bonnets » dénichent une pente à l’ombre où la poudreuse a résisté et s’offrent une descente de rêve. De leur côté, les deux cracks s’essaient au dry-touffing dans les gazons sommitaux. La machine à laver et le pistolet à reboucher les semelles s’en souviendront.
Toute l’équipe se retrouve à mi-pente pour savourer ensemble la fin de cette magnifique sortie. La neige était bien au rendez-vous : il suffisait simplement de choisir le bon versant.
Un grand merci aux chefs de course pour avoir su dénicher ce coin sympathique et offrir à la troupe une sortie d’un jour aussi réussie qu’animée. Le Gantrisch nous a une fois de plus prouvé qu’avec un peu d’adaptation… il y a toujours moyen de se faire plaisir.
David et Kathia
















