11 janvier 2026

Initiation peau de phoque, région

Le réchauffement climatique nous a déjà privé depuis de nombreuses années des beaux hivers de notre enfance mais le dérèglement fait souffler le chaud et le froid qui nous réservent de drôles de surprises.

Un Noël et une nouvelle année dans la verdure avec des températures clémentes, mais le 5 janvier le thermomètre plonge à -30⁰ à la Brévine et, dans nos vallées, il oscille entre -10⁰ et -15⁰. MétéoSwiss annonce une semaine glaciale, du redoux avec des pluies soutenues jeudi, un ciel dégagé vendredi matin puis un peu de neige jusqu’à samedi.

Avec les aléas de cette météo, le jeudi en fin de journée, j’avise mes trois intéressé·e·s que cette journée d’initiation ne peut avoir lieu et qu’elle sera éventuellement reportée à du temps plus de saison. Mais, oh miracle, le vendredi la neige tombe sans discontinuer et rebelotte le samedi. Si bien que je reprends contact avec mes candidat·e·s pour les emmener à la découverte de cette discipline hivernale.

Il y a la petite Julia de Soulce, elle a découvert notre programme sur Internet et s’intéresse à la peau de phoque mais en ski de randonnée nordique. Je connais et pratique cette discipline. Hélas, avec cet équipement de fond, on ne peut pas progresser dans des pentes trop prononcées et la monture ne permet pas de skier à la descente, dommage. La deuxième recrue, Blaise, suite à l’annulation de jeudi, a déjà organisé une autre activité pour dimanche. Il reste Thierry, fraîchement débarqué dans notre section. Il se réjouit de découvrir les pentes du Montoz avec cette belle neige.

Yeah, il y a de la neige partout ce dimanche matin au réveil, de beaux remblais sur les trottoirs, des routes enneigées, des arbres chargés d’un manteau blanc. À dix heures moins le quart, Thierry nous prend en charge, Marlyse et moi, et départ au col de la section, le Pierre-Pertuis. Le 4×4 surélevé nous permet de rallier le petit parking à l’entrée de la forêt. Nous préparons notre équipement, Thierry possède du beau matériel pratiquement neuf qu’il a pu acquérir au prix de l’occasion, il ne l’a utilisé que deux ou trois fois. Marlyse part en tête d’un rythme tranquille, elle reprend le tracé que nous avons effectué le samedi. Notre recrue tient la cadence, nous enchaînons avec la montée de la coulisse pour tester les compensateurs, l’accroche des peaux et la capacité pulmonaire, puis nous tirons en ligne droite sur le pâturage de Beuche et, enfilés dans le passage de forêt avant le plat du Brahon, nous provoquons un bouchon. Les ami·e·s du groupe ″ski″ nous collent aux fesses en compagnie du team Pédégé de Manu. Nous profitons de cette rencontre pour marquer une petite pause, pour partager des instants magiques dans ce merveilleux décor et nous réjouir des belles courbes que nous allons dessiner dans ce paysage immaculé. Chaque groupe se remet en piste, Marlyse part direction la FMU avec l’apprenti alors que je prends la direttissima pour rejoindre la cabane pour ouvrir, chauffer, préparer la soupe et le thé pour cette joyeuse troupe.

Vers 13 heures, les gruppetto débarquent à la cabane, enivrés par leurs descentes dans la poudreuse au Schiltli, à la Golatte et à la Combe à Vernez. On recharge les batteries avec de la bonne soupe, du pique-nique, de l’œuf Aromat(isé) et du thé. Un bon café et ça repart, il faut aligner les dénivelées en cette année de Pédégé et surtout pour profiter un max de ces conditions magiques car la nuit prochaine, le foehn et la pluie annoncés vont lessiver ce beau tableau.

Thierry a beaucoup apprécié cette matinée, les conseils de Marlyse sur ce beau parcours par le Brahon et la crête du Montoz pour rallier la cabane. Mais il a un peu surestimé sa forme et cette nouvelle discipline a quelque peu mis à mal les muscles de ses jambes. Il possède déjà une bonne base, un peu d’entraînement et de persévérance contribueront à lui façonner un physique pour nous suivre dans la pratique des sports de montagne.

Hélas, comme prévu, la nuit de dimanche à lundi a douché cette belle parenthèse. Les beaux hivers de notre enfance se déroulent comme un rêve, juste le temps de fermer les yeux, le temps d’une journée. Espérons que dame météo nous réservera encore pareilles pépites neigeuses avant le printemps.

Pierre

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