Le 3 mai 2026

Rallye Jurassien 2026

Avant COVID, la traditionnelle rencontre des sections jurassiennes réunissait à chaque édition plus de 100 clubistes. En 2020 la section La Neuveville nous invitait pour cette escapade printanière au bord du lac mais avec l’entrée en vigueur des restrictions sanitaires, la manifestation a été reportée en 2021. À cette époque la pandémie sévissait toujours et les autorités avaient renforcés les interdits pour les événements festifs. Fin mai 2022, nos amis de La Neuveville nous accueillaient dans leur cité pour profiter enfin de cette liberté retrouvée, dans un magnifique décor entre lac et montagne. Une matinée à crapahuter et rouler par les sentiers et chemins des vignobles et des forêts. Étrangement, il n’y avait qu’une cinquantaine de participants à se retrouver à l’apéro et au repas de midi dans les locaux de la Cave de la Ville de Berne.

La reprise de cette manifestation après le COVID annonçait un manque d’attrait et de participants, faits qui se sont vérifiés les années suivantes : 2023 une cinquantaine de personnes à Delémont ; 2024 cinquante-cinq clubistes au 100ème de Pierre-Pertuis ; 2025 à peine une trentaine de participants à La Caquerelle et le même nombre cette année à la Prévôtoise. Pour les deux dernières éditions, de nouvelles équipes étaient aux commandes. Pour l’organisation, les responsables ont publié sur les sites Internet avec des détails sommaires et les intéressé·e·s devaient s’inscrire sur le site. Comme la moyenne d’âge des habitués des ces escapades printanières est plutôt élevée, ces nouvelles méthodes les découragent peut-être à participer à ces sorties et la relève ne suit pas.

Vous savez tout sur le déclin du Rallye jurassien, mais revenons à ce dimanche matin du 3 mai 2026.

Après un samedi ensoleillé avec des températures estivales, cette journée de dimanche s’annonce couverte, fraîche mais en principe sans pluie jusqu’au soir. De bonnes conditions pour randonner et rouler. J’arrive à la place de la Gare de Malleray avec mon VTT, je retrouve Yves qui attend patiemment les sportifs du jour qui rallieront la cabane de la Rochette sur Montoz. Renseignements pris, il y a une trentaine d’inscrits, les quelques clubistes retardataires annoncés après le 19 avril ont essuyé un refus de la part du staff de cuisine. En une dizaine de minutes, le lieu s’anime avec l’arrivée des marcheurs, des walkeurs, des traileurs et des bikers. Le GO Mario salue l’assemblée, présente les chefs de groupe et prie chacune et chacun de rejoindre sa discipline.

Equipe VTT

Oh surprise, il y a une belle brochette de cyclistes : trois briscards de la Prévôtoise avec des montures assistées, le nouveau président avec sa famille et deux pilotes de Pierre-Pertuis en mode musculaire. Notre chef Claude dévoile le parcours : montée jusqu’à l’entrée de la forêt en dessus de Malleray emprunter divers chemins forestiers en diagonale à travers Montoz pour revenir par la crête sur la Rochette.

La troupe des pédaleurs sort du village et entame la montée direction sud. Elle passe sur l’A16 et à l’entrée de la forêt quitte le macadam pour suivre un chemin forestier qui monte en pente douce à travers bois et pâturages au-dessus des villages de Pontenet, Loveresse et Reconvilier pour déboucher sur la route de la Werdtberg. Nous redescendons quelques dizaines de mètres de dénivelée pour retrouver une piste forestière qui nous amène dans la région du téléski de Sous-le-Mont. Nous entrons sur le territoire des Tavanindiens tireurs à l’arc mais grâce à notre technique de circuler feutré et en basse pression, nous franchissons la zone sans se ramasser des flèches dans les pneus ou le postérieur.

Nous retrouvons une portion bitumée de la route du Grimm que nous suivons sur quelques centaines de mètres, jusqu’à l’embranchement de la Charrière Plate. Nous nous laissons glisser sur ce chemin pour arriver au-dessus du …

Pierre-Pertuis. Tout le monde enclenche les rampantes pour attaquer la montée de ce chemin blanc raviné et défoncé qui nous ramène vers le GrimmPalace. Nous enchaînons sans pause pour revenir sur l’extrème ouest de la chaîne du Montoz pour rejoindre les hauts du Schiltli, l’espace de notre cabane et le secteur du légendaire téléski de la Golatte, monument protégé du patrimoine bernois.

Le gardien de service nous réserve un accueil chaleureux sur la terrasse et nous offre en guise d’apéro un ravitaillement Rivella, merci à la section Pierre-Pertuis. Encore un dernier petit raidillon après la Werdtberg et nous nous défoulons à fond sur le long plat jusqu’à la bergerie de Malleray pour terminer sur la terrasse de la Rochette.

Nous retrouvons les autres groupes, chacune et chacun enfile sa polaire pour se protéger du vent vicieux et attend (im)patiemment l’apéro. Le staff de cuisine tourne un peu en rond, peut-être à la recherche d’un tire-bouchon. Mais soudain les plateaux de vin trois couleurs et les planchettes apéro atterrissent sur les tables de cet espace ventilé. Nous avons retrouvé des forces et la gouaille pour passer à l’intérieur ; la caissière nous attend pour échanger nos espèces sonnantes contre des bons : repas, dessert, café … il n’en faut pas pour les WC.

Nos amis de la Prévôtoise nous ont servi un bon repas : une jolie salade en entrée, des tranches de roulé du grill avec sauce à la crème et champignons, du gratin et des légumes et, pour terminer, un dessert et un café.

En milieu d’après-midi, dislocation des troupes, pour redescendre dans la vallée, à pied (pfff), à vélo (génial) ou avec un camarade motorisé (trop facile).

Espérons que notre ami Carlo de Chasseral trouvera à motiver les troupes de ces sections jurassiennes l’année prochaine lors de l’édition 2027.

Pierre

L’équipe des randonneur·euse·s

Une joyeuse petite troupe se retrouve derrière Yves Diacon pour avancer gaiement depuis la gare de Malleray jusqu’à la cabane de la Rochette, soit environ 700 m D+. Dit comme cela, ça paraît facile, mais est-ce que nos cuisses seront du même avis ?

Dans le groupe, plusieurs femmes, avec ou sans bâtons, suivent d’un pas décidé. Yves, grâce à ses enjambées de chamois aguerri imprime le rythme malgré un talon blessé. Elles, grâce à leur motivation, gardent sportivement l’allure. Plusieurs suivent, oscillant subtilement entre admiration et calcul mental permanent : combien reste-t-il encore de montée ? Toutes et tous savourent la joie de se retrouver et de prendre des nouvelles les un·e·s des autres … du moins tant que la pente le permet encore.

La route goudronnée nous emmène d’abord au-dessus de l’autoroute, ultime rappel de la civilisation moderne ? Nous passons à côté de l’ex-téléski de Malleray transformé en remonte-pente de Valbirse pour VTT. Ici on ne s’éclate pas dans la poudreuse blanche mais avec l’herbe verte. Plus loin, nous atteignons une forêt parfois fortement exploitée. Une large coupe forestière dessine dans la pente du Montoz une cicatrice impressionnante. Certains y voient l’œuvre des bûcherons. D’autre soupçonnent discrètement le passage du giron jurassien de ski qui a cherché une solution au manque de neige.

Vers 800 mètres d’altitude, le sentier devient étroit et raide. Nous avançons en file indienne, tête baissée, entre méditation intérieure et gestion du souffle quand soudain… deux motards apparaissent au-dessus de nous. Surpris de rencontrer autant de bipèdes en transpiration, ils finissent par couper le moteur et nous saluer. Un grand moment de cohabitation inter-espèces.

La montée continue toutefois avec un léger parfum d’essence qui rappelle davantage un paddock de motos plutôt qu’un refuge pour chevreuils et lynx. Heureusement, la nature reprend le dessus et nous traversons une magnifique zone recouverte d’ail des ours. Malheureusement, la grêle est passée par là et a transformé la récolte potentielle en salade déjà mâchée.

Mais qu’importe ! Nous voilà presque sur la crête. Un pâturage couvert de primevères officinales s’ouvre devant nous et au loin, les Alpes se devinent. Instant magique pour se souvenir de tant d’autres belles courses.

L’arrivée à la cabane de la Rochette est accueillie avec enthousiasme. Sur la terrasse, nous retrouvons les autres groupes, eux aussi ravis de leur escapade matinale. L’apéritif est généreux, les discussions animées et les visages réjouis. Etrangement, la fatigue dans les jambes a disparu.

Pour connaître la suite de la journée, je vous propose de lire la fin du récit de Pierre.

Un immense merci à nos ami·e·s de La Prévôtoise pour ce sympathique rallye parfaitement organisé. Et vivement l’année prochaine à Chasseral… histoire de vérifier si nos genoux sont toujours homologués pour le dénivelé jurassien.

Monique

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