15-16 août 2026
Saas Grund, Jegihorn
Le week-end avait tout d’une épopée Alpine. Sous l’égide du club alpin suisse, le binôme s’était lancé dans un défi de tous les terrains : randonnée, VTT de descente et escalade, le tout en un seul et même souffle. Dès les premiers lacets, l’enthousiasme était à la hauteur des sommets visés. Mais l’aventure failli tourner court lorsque Jonas, convaincu de mener son engin aussi aisément qu’un Pidcock au sommet de son art, mordit la poussière dans une belle chute. Le temps d’un instant suspendu, le cœur battit un peu plus fort ; puis le sourire revint, et avec lui la certitude que ce n’était qu’un avertissement de la montagne. Le week-end ne faisait que commencer.
Au pied de la face, après un briefing méticuleux de David sur la logistique, les deux compagnons d’altitude rengainèrent leurs affaires avec la rigueur des anciens : deux flasques glissées dans les chaussures, quelques friandises en récompense future, et les voilà à l’assaut de la paroi. La météo, capricieuse, se plut à les tester. Au loin, le grondement sourd d’un orage veillait comme un spectateur menaçant, tandis qu’une pluie fine, presque fraternelle, venait caresser les doigts crispés sur les prises. Chaque mètre gagné contre cette résistance rendit l’arrivée au sommet du Jeggihorn d’autant plus savoureuse : un de ces instants où la montagne, à force de se faire prier, finit par offrir ce qu’elle a de plus beau.
La descente ne fut pas en reste. Technique, aérienne, elle alignait au moins quarante-cinq épingles dans un enchaînement qui demanda bien des fois de poser les pieds à terre. Il fallait savoir céder, reprendre souffle, puis se relancer dans cette danse sinueuse de caillasse et d’adhérence. Au soir, le corps réclamait sa dîme. Un bon bistrot accueillit les deux montagnards comme une récompense méritée ; au menu, sans complexe, hamburger et escalope s’il vous plaît. La nuit se fit en mode « Van superposé », les âmes enfin rassérénées, et l’on y dort comme des bébés. À l’aube, sans une once de fatigue, la machine fut relancée de plus belle.
Enfin, le dimanche pointait son heure fatidique. À dix-huit heures, les deux compagnons d’aventure durent se résoudre à la séparation. Leurs routes, pour un temps, se quittaient, mais sans l’ombre d’un adieu véritable. Car entre ces deux-là, c’est entendu : les chemins se recroiseront, et il ne tenait qu’à la montagne de décider quand elle les réunirait à nouveau.
Jonas



